" L'histoire du monde n'est pas sans danger, car on peut l'écrire avant même qu'elle ne survienne..." - Marie-France Latreille
dimanche 25 juillet 2010
Citations
"Cherchons comme cherchent ceux qui doivent trouver et trouvons comme trouvent ceux qui doivent chercher encore. Car il est écrit : celui qui est arrivé au terme ne fait que commencer- St-Augustin le Berbère
Citations
"J'écris pour cultiver le meilleur qui dort dans l'autre avec ou sans consentements !" - Julie Vigneault
Citations
"Si la vie nous amène plus profondément dans l'ombre, c'est qu'elle nous prépare à accueillir plus de lumière..."-Julie Vigneault.
Citations
" La pensée est volage, volatile, subtile mais éphémère puisqu'une fois émise elle s'approprie une forme nouvelle...Pourquoi ne pas guider sa mutation par des mots ?" - Julie Vigneault
Citations
Le chemin de la vie est comme la courbe de Fibonacci…elle semble nous éloigner momentanément de ce que nous sommes mais pourtant, elle nous guide vers une route qui n’en finit plus de nous ramener vers l’essentiel de ce que nous sommes…-Julie Vigneault
Citations
"À voir petit, il faut plus de temps pour apprendre à voir plus grand lorsque la vie ajuste enfin son focus sur l'immensité du possible."- Julie Vigneault
Citations
"Le désir qui reste niché au creux du coeur ne se sent coupable de rien car il connaît la destinée du papillon qu'il s'apprête à devenir...." - Julie Vigneault
Citations
"Posséder une étoile est inutile puisqu'en les laissant libre elles brillent de feux encore plus magiques"- Julie Vigneault
mercredi 7 juillet 2010
Papillon de feu
"J'ai des visions de rouges, rouges lèvres confrontées à la passion de cette chaleur intense..J'enfile une à une les perles d'eau qui ruissèlent pour en faire un collier de sensualité. Suspendu dans l'heure chaude, je te porte au coeur comme un diadème de délivrance. Soumise à l'ivresse, je m'évapore dans des songes de peaux de tambours et de danses tribales. De poésie en frénésie je deviens feu de tes joies. Je te lèche de ma transe. Les rythmes s'accélèrent et n'en pouvant plus je t'invites sous l'ombre des arbres ou je me fais fleurs, branches et racines de ton essence. Mes mains de verdures dessinent leurs ramifications dans ton écorce à la sève bénie. Tu es l'érable. Me voilà bouillante...Doux nectar déposé sur mes papilles me donnant des ailes, les ailes d'un papillon de feu..."
mardi 6 juillet 2010
Canyon d'épiques fantaisies...
«..Je suis restée nichée dans le sillon de ton dos comme la rivière entre les rochers. Ton ombre douce me borde de sérénité. L’alizée de ta nuque humide me parviens à chacun de tes mouvements. Je suis le caméléon de ton désert dorsal. J’explore de mes joues ta cordillère vertébrale. Mon front tiède a dressé refuge dans vallée de tes cuivres d’épiderme. Mes lèvres serpentent ton ascendance sacrée jusqu’au sanctuaire de tes lombaires. Je me baptise dans le volcanique de ton bassin de mirages. Mes désirs caravaniers annoncent leurs espiègles destinations par le frôlement délicat de ma crinière. Par monts, par vallées, tu es l’hôte de mes épiques fantasmagories. Ne crois pas pouvoir me dompter par ta main sournoise de passion. Ne crois pas pouvoir me brider par le torride d’un baiser. J’incarne la liberté de tes cambrures. Je suis ta chevauchée sauvage…. »
lundi 5 juillet 2010
Suave matin d'imaginaire...
"Dans la moiteur du matin, j'ai imaginé que tu te levais avant moi et que ton corps traversais la pièce comme la brume glisse entres les roses du jardin. Éparse dans des dunes de draps fins, je t'épies de mon regard encore endormi. Tu t'éloignes doucement, allant regagner tes pinceaux et tes toiles à des millions de millimètres de moi. Je m'ennoblie de ton parfum matinal pour mieux suivre ta trace dans le sourire de la journée qui s'annonce. Le chat et moi s'étirons dans un tango félin, ronronnant en cadence dans l'espoir de ton sourire bienveillant. Je me lève suavement, recouvrant à peine mes épaules d'un voile translucide pour mieux te laisser y déposer ton regard curieux. Puis je m'avance pour préparer un peu de ton festin. Je te verse un peu de café, te taille quelques fraises que j'enrobe d'une neige délicate de sucre. Je te rejoint enfin mais je reste immobile, blottie dans ton dos comme les ailes d'un ange, contemplant émue l'univers que tu t'apprêtes à créer de tes mains, sous mes yeux pleins d'admiration...."
vendredi 2 juillet 2010
Quatre secondes...
"Il y a de ces moments ou la vie nous offres la magie de sa synchronicité pour nous enseigner le véritable rythme des battements de notre coeur. C'est comme cela que je t'ai croisé ce matin. Le perpendiculaire de nos positions affolant mon métronome cardiaque jusqu'à sentir ses rythmes tribaux dans mes reins. J'aurai voulu en un instant me consumer d'un feu si ardent que la tôle qui nous séparait aurait fondu de honte devant son entrave involontaire. J'aurai volontiers sacrifié à jamais mes jambes pour devenir, durant la fraction de seconde ou tes yeux ont croisé les miens, la plus divine des sirènes, te paralysant ainsi des charmes de ma voix.
C'est fou ce que peut représenter 100 pieds de frontières entre le bonheur et la prison d'un coeur gorgé d'amour silencieux ! C'est fou comme l'univers place avec ironie deux âmes qui se dévorent d'envie avec la justesse d'un maître d'échecs. C'est fou comme j'ai envie d'inventer sur des murs géants l'équation parfaite qui me permettrait de reproduire à l'infini ses 4 secondes près de toi..."
C'est fou ce que peut représenter 100 pieds de frontières entre le bonheur et la prison d'un coeur gorgé d'amour silencieux ! C'est fou comme l'univers place avec ironie deux âmes qui se dévorent d'envie avec la justesse d'un maître d'échecs. C'est fou comme j'ai envie d'inventer sur des murs géants l'équation parfaite qui me permettrait de reproduire à l'infini ses 4 secondes près de toi..."
jeudi 10 juin 2010
L'étoile de main
L’aube brumeuse a laissé choir sur mes berges une étoile, une étoile de main. À bout de souffle, à bout de sens, je l’ai déposé sur mon oreiller, la tenant contre moi comme si elle était tienne. Je me suis prise dans le filet d’imaginer ta présence pour retrouver le sommeil. Je n’y suis pas parvenue. Je n’y parviens plus. Les sens manquent de toi. Je ne t’entends pas. Je ne te touche pas. Je ne te goûte pas. Le parfum de ton corps n’est qu’une présomption. Je t’écris, je te peins, je te sculpte sans jamais parvenir à te donner forme. Je suis avalée par le vide. Je suis le silence dans la bouteille.
La marée de l’éveil me ramène sur la plage de la réalité pour mieux me rejeter, l’instant d’après, dans les gouffres sous-marins de l’espoir. De minutes en minutes je me roule, je me retourne, jusqu’à m’étourdir de toi. Pourquoi ne suis-pas comme les embruns qui acceptent de se briser au contact du sable pour mieux se ravitailler de force pour la vague suivante ? Pourquoi ne suis-je pas le sage galet qui consent à se laisser polir sans tempête, sans surprise, au rythme régulier de la vie ? Pourquoi suis-je si brûlante de fièvre quand je songe à me naufrager de nous?
Je suis une immobile qui abdique le mouvement. Je ne connais pas les armes qui me permettent de me défendre contre cette horde d’émotions dont tu es l’honorable maître. J’ai le cœur enterrée dans le mouvant des sables. Je suis ancrée dans une faiblesse d’ouvrir le feu sur ce qui fustige ma propre quête de sérénité. Dis-moi, mon tendre chevalier, comment peut-on faire le deuil de ce qui refuse de mourir? Je pose la question sans même attendre la réponse car je sais que, tout comme moi, tu portes la médaille de l’honneur, du courage et de la responsabilité. Tacitement , nous avons un jour accepté d’être le résultat d’un choix, la conséquence d’une réalité qui s’embrume, qui s’ensoleille, sans pourtant vouloir nous offrir un trésor à la hauteur de notre véritable richesse.
Je me suis échouée sur tes rives, mes doigts joints au spectre délicieux de ton étoile de main dans Julie la sirène...
mercredi 9 juin 2010
Le vote que je ferais
« Si je devais voter, je voterais pour toi; pour ton bonheur, pour ta liberté, pour la gloire de ton exception. J’entretiendrai ton unicité afin qu’elle exalte à jamais son parfum enfiévrant de tendresse. Je tiendrai les volets ouverts pour que tu puisses ressentir les douces brises matinales et leurs promesses d’émerveillements. Je dresserai des banquets afin que tu puisses choisir sans aucune contrainte les mets qui plaisent à ta dégustation. Chaque jour, je recouvrirai de blanc les moindres murs que tu croises pour que tu puisses les peindre à ta guise des univers qui te fascinent. Dès les premières lueurs de l’hiver, j’allumerai les feux de mon regard afin que tu ne ressentes pas le froid. Dès les premières faiblesses de l’automne, je te tisserai des tapis de feuilles multicolores pour que tu puisses t’amuser du craquant de tes pas dans la quiétude des forêts. Mais par-dessus tout, j’approuverai chaque gestes que tu poses, chaque pensées que tu formules car c’est par elles que tu existe, que tu te manifeste, que tu transcende la banalité en magnificence… »
Julie X (dans la case portant ton nom…)
Oasis blues
Paroles: Julie Vigneault 2010
Don’t want to feel the oasis blues
Don’t want to feel that I could loose
This peaceful place I have inside
The paradise that’s in my mind
So please tell me it will last forever
So please tell me we can stay here together
‘Cause I don’t want to feel the oasis blues
Don’t want to feel what I could loose
Well, she’s been writing a story
Where I’m a hero and so is she
In the desert, in a sweet mist
Fulfilling love that she had miss
Day after day she’s sending words
Virtually drawing a tender world
Whish she can’t guess how I am scared
Whish she can feel how she is spared
I don’t want to feel the oasis blues
Don’t want to feel that I could loose
This peaceful place I have inside
The paradise that’s in my mind
So please tell me it can last forever
So please tell me we can stay here together
‘Cause I don’t want to feel the oasis blues
Don’t want to feel what I could loose
And there’s she goes dancing the blues
Like she had really nothing to loose
Wish I could had this hopefulness
Wish I could be the one’s she bless
I don’t want to feel the oasis blues
Don’t want to feel that I could loose
This peaceful place I have inside
The paradise that’s in my mind
So please tell me it can last forever
So please tell me we can stay here together
‘Cause I don’t want to feel the oasis blues
Don’t want to feel what I could loose
jeudi 3 juin 2010
Julie des mille et une nuits
« Nuit d'insomnie à rêver de mille rêves qui se soufflent au vent du désert de ton absence. Je frissonnais si tendrement aujourd'hui que j'ai humblement revêtue l'écharpe bleue de ton annonce...M'y voilà, drapée, enveloppée de cette étoffe de toi... »
Julie des mille et une nuits...
mercredi 2 juin 2010
Le fruit du baobab...
Je ne croyais jamais qu’un jour j’aurai l’occasion de goûter le fruit du baobab. Il s’agissait pour moi d’un rêve inaccessible car, toute jeune, j’avais écouté précieusement les conseils du Petit Prince et je m’étais employée à éliminer systématiquement toutes les moindres pousses de cet arbre envahissant. Or, sur d’autres planètes, les baobabs font pousser les fruits de la vie. Ainsi, pour celui qui vit au pays des zèbres, il ne viendrait jamais à l’idée de faire disparaître les racines de cet arbre béni. J’avais là une leçon à apprendre; ce qui est mauvaise herbe pour l’un peut également être une richesse pour l’autre….
Je posais donc sur ma langue le fruit avec une légère appréhension…Allais-je être frappée d’un quelconque malaise? Allais-je être confrontée à un nouveau goût de l’interdit ? Après tout, je ne connaissais rien de ce fruit sinon que quelques traits issus d’une représentation chimérique d’un auteur affectionné…
Le goût me parvînt comme la réalité rejoint un jour l’imaginaire…Certes, je fus un peu surprise de l’amertume…Sans doute prenait-elle sa source dans la fausse croyance que je venais de réveiller….Mais, derrière l’acidulé du fruit se cachait d’autres secrets. Dessous sa pelure lisse et dorée, le morceau était sec, terne, un peu triste. Chaque morceau du fruit, que les sénégalais appelle le « pain de singe », ressemblait étrangement aux petits cailloux blancs laissés derrière le petit poucet pour retrouver sa route. Mais, ce qui m’étonna encore plus, ce fut de constater le réseau complexe qui parcourrait l’unicité de chaque parcelle; des petits fils rouges passant dedans, dessus, dehors, comme une ramification de fragiles fils électriques. J’eu la drôle d’impression que par ses sanguins chemins le baobab communiquait à son goûteur l’essence même de son énergie vitale. J’eu aussi le sentiment plus particulier que le fruit, de sa par nature, contenait une colère sourde, un ressentiment, qui l’empêchait d’avoir au-dedans, toute la douceur, toute la force, du dehors.
Mais voilà, j’ai appris à aimer le fruit du baobab comme j’ai appris à aimer les saisons. Que serait le printemps sans ce mélange de soleil, de floraison et de naissances verdoyantes sans le juste équilibre des bourrasques, des pluies et des giboulées? Que serait la quiétude de la nuit sans la course trépidante des gazelles du jour? Que serait la joie, le bonheur sans leur Némésis de peines?
J’apprécie la complexité de la vie car c’est par elle, par ses contrastes d’ombres et de lumières que je constate toute la beauté de l’unicité. Je souhaite donc aller au-delà des apparences, au-delà de la pelure lisse et brillante pour savourer le fruit, tout aussi amère et sec puisse-t-il être car c’est ainsi que je goûterai réellement toute sa splendeur…
Julie des Baobabs…
vendredi 28 mai 2010
Ode à la Génèse
Merci d’avoir créé le chocolat de ses yeux
Pour que je puisse de temps à autres y dévorer la magie de la vie
Merci d’avoir fondu le caramel de sa peau
Pour que je puisse m’imaginer la vague chaude de ses hanches déferlant sur la crème glacée de mes monts
Merci d’avoir creuser à ses joues de délicates coupes angéliques
Pour que je puisse par mes mots les remplir d’une crème de sourires
Merci d’avoir moulu de perfections le café noir de sa chevelure
Pour que je puisse me réchauffer de ses effluves énergisants
Merci surtout d’avoir concocté ce tendre cœur de nougat
Pour que je puisse célébrer l’amande douce de sa rencontre…
Pour que je puisse de temps à autres y dévorer la magie de la vie
Merci d’avoir fondu le caramel de sa peau
Pour que je puisse m’imaginer la vague chaude de ses hanches déferlant sur la crème glacée de mes monts
Merci d’avoir creuser à ses joues de délicates coupes angéliques
Pour que je puisse par mes mots les remplir d’une crème de sourires
Merci d’avoir moulu de perfections le café noir de sa chevelure
Pour que je puisse me réchauffer de ses effluves énergisants
Merci surtout d’avoir concocté ce tendre cœur de nougat
Pour que je puisse célébrer l’amande douce de sa rencontre…
Chapitre 13- Le sevrage
Les deux premiers jours à tenter de me sevrer de toi m’ont rapidement confirmé que tu étais une drogue dure dont j’aurais tant aimé être l’héroïne. Depuis l’atterrissage de mes mots de rébellion sur la piste de ta trop sage empathie, je fustige et tremble devant l’irrésistible appel de cette plume prosaïque qui t’a savamment permis de me ficeler les ailes.
En guise d’antidote à ton fiévreux venin, je délaisse Alexandre Jardin et ses courbes littéraires qui, durant les derniers mois, ont maintes fois servi de substitut agréable à ta prose ingénieuse. Comme je reconnais déjà en moi l’intuitif canyon que provoquera l’absence de tes mots, je consens à me vautrer dans les univers étranges de Bernard Werber comme on tombe à cœurs joints dans une affriolante boîte de chocolats.
Or, se défaire de l’imaginaire de ta présence est un exercice pieux pour lequel tu ne te lasse pas d’être un blasphémateur. Maintes fois tu me mets ainsi à genoux devant l’inexorable réalité de t’appartenir malgré moi.
Pages après pages, tu te niche dans l’espace subtile des interlignes. Tu te pares d’ubiquité. Tu te suspends aux points des phrases comme le plus habile des funambules, revendiquant jusqu’aux moindres vertiges de nos cordes pourtant rompues.
Les convictions deviennent convergence. Les sons se canalisent en une même violence d’assourdissements éteints. Tu doubles de ton silence les moindres dialogues cinématographiques dont je fais lâchement usage pour ne plus entendre l’écho de tes réponses que j’ai pourtant moi-même lâchement rendues muettes.
De diversités en diversions, de perversités en perversions, j’ai accroché une mangeoire à la force immuable d’un érable. Par la fenêtre, je m’ironise des mésanges qui se nourrissent de ma main menteuse comme je m’esclaffe de mon propre asservissement.
La toile dans laquelle je nous aie figés ne m’apporte pas l’exode salvateur nécessaire à tout le déluge qui inonde le désert de ma noble intention. Nos ombres sur la neige me frigorifient, me cristallisent dans une saison que j’espère déjà brève.
Un autre jour passe annonçant de plus en plus clairement l’inéluctable de ma rechute. Je me déshydrate de toi…Mes lèvres se gercent telle une figue sous un soleil brûlant de mélancolie. Mes yeux brûlent d’un feu furieux. Ma peau se pèle à ne plus imaginer la soie de tes caresses…
Abdiquerai-je ? Tisserais-je mon orgueil jusqu’en t’en faire un tapis d’Orient sur lequel nous pourrions nous envoler vers de nouveaux cieux paradisiaques? Ai-je si peu de force que tu aimeras ma faiblesse comme le jour sert la nuit sur un plateau d’étoiles ?
Quarante-huit heures plus tard, je m’avoue vaincue. Je tourne lamentablement la page en dessinant dans un paysage vierge de tout ressentiment l’esquisse étrange de ma volontaire servitude….
En guise d’antidote à ton fiévreux venin, je délaisse Alexandre Jardin et ses courbes littéraires qui, durant les derniers mois, ont maintes fois servi de substitut agréable à ta prose ingénieuse. Comme je reconnais déjà en moi l’intuitif canyon que provoquera l’absence de tes mots, je consens à me vautrer dans les univers étranges de Bernard Werber comme on tombe à cœurs joints dans une affriolante boîte de chocolats.
Or, se défaire de l’imaginaire de ta présence est un exercice pieux pour lequel tu ne te lasse pas d’être un blasphémateur. Maintes fois tu me mets ainsi à genoux devant l’inexorable réalité de t’appartenir malgré moi.
Pages après pages, tu te niche dans l’espace subtile des interlignes. Tu te pares d’ubiquité. Tu te suspends aux points des phrases comme le plus habile des funambules, revendiquant jusqu’aux moindres vertiges de nos cordes pourtant rompues.
Les convictions deviennent convergence. Les sons se canalisent en une même violence d’assourdissements éteints. Tu doubles de ton silence les moindres dialogues cinématographiques dont je fais lâchement usage pour ne plus entendre l’écho de tes réponses que j’ai pourtant moi-même lâchement rendues muettes.
De diversités en diversions, de perversités en perversions, j’ai accroché une mangeoire à la force immuable d’un érable. Par la fenêtre, je m’ironise des mésanges qui se nourrissent de ma main menteuse comme je m’esclaffe de mon propre asservissement.
La toile dans laquelle je nous aie figés ne m’apporte pas l’exode salvateur nécessaire à tout le déluge qui inonde le désert de ma noble intention. Nos ombres sur la neige me frigorifient, me cristallisent dans une saison que j’espère déjà brève.
Un autre jour passe annonçant de plus en plus clairement l’inéluctable de ma rechute. Je me déshydrate de toi…Mes lèvres se gercent telle une figue sous un soleil brûlant de mélancolie. Mes yeux brûlent d’un feu furieux. Ma peau se pèle à ne plus imaginer la soie de tes caresses…
Abdiquerai-je ? Tisserais-je mon orgueil jusqu’en t’en faire un tapis d’Orient sur lequel nous pourrions nous envoler vers de nouveaux cieux paradisiaques? Ai-je si peu de force que tu aimeras ma faiblesse comme le jour sert la nuit sur un plateau d’étoiles ?
Quarante-huit heures plus tard, je m’avoue vaincue. Je tourne lamentablement la page en dessinant dans un paysage vierge de tout ressentiment l’esquisse étrange de ma volontaire servitude….
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