jeudi 3 juin 2010

Julie des mille et une nuits



« Nuit d'insomnie à rêver de mille rêves qui se soufflent au vent du désert de ton absence.  Je frissonnais si tendrement aujourd'hui que j'ai humblement revêtue l'écharpe bleue de ton annonce...M'y voilà, drapée, enveloppée de cette étoffe de toi... »




Julie des mille et une nuits...

mercredi 2 juin 2010

Le fruit du baobab...


Je ne croyais jamais qu’un jour j’aurai l’occasion de goûter le fruit du baobab. Il s’agissait pour moi d’un rêve inaccessible car, toute jeune, j’avais écouté précieusement les conseils du Petit Prince et je m’étais employée à éliminer systématiquement toutes les moindres pousses de cet arbre envahissant. Or, sur d’autres planètes, les baobabs font pousser les fruits de la vie. Ainsi, pour celui qui vit au pays des zèbres, il ne viendrait jamais à l’idée de faire disparaître les racines de cet arbre béni. J’avais là une leçon à apprendre; ce qui est mauvaise herbe pour l’un peut également être une richesse pour l’autre….

Je posais donc sur ma langue le fruit avec une légère appréhension…Allais-je être frappée d’un quelconque malaise? Allais-je être confrontée à un nouveau goût de l’interdit ? Après tout, je ne connaissais rien de ce fruit sinon que quelques traits issus d’une représentation chimérique d’un auteur affectionné…

Le goût me parvînt comme la réalité rejoint un jour l’imaginaire…Certes, je fus un peu surprise de l’amertume…Sans doute prenait-elle sa source dans la fausse croyance que je venais de réveiller….Mais, derrière l’acidulé du fruit se cachait d’autres secrets. Dessous sa pelure lisse et dorée, le morceau était sec, terne, un peu triste. Chaque morceau du fruit, que les sénégalais appelle le « pain de singe », ressemblait étrangement aux petits cailloux blancs laissés derrière le petit poucet pour retrouver sa route. Mais, ce qui m’étonna encore plus, ce fut de constater le réseau complexe qui parcourrait l’unicité de chaque parcelle; des petits fils rouges passant dedans, dessus, dehors, comme une ramification de fragiles fils électriques. J’eu la drôle d’impression que par ses sanguins chemins le baobab communiquait à son goûteur l’essence même de son énergie vitale. J’eu aussi le sentiment plus particulier que le fruit, de sa par nature, contenait une colère sourde, un ressentiment, qui l’empêchait d’avoir au-dedans, toute la douceur, toute la force, du dehors.

Mais voilà, j’ai appris à aimer le fruit du baobab comme j’ai appris à aimer les saisons. Que serait le printemps sans ce mélange de soleil, de floraison et de naissances verdoyantes sans le juste équilibre des bourrasques, des pluies et des giboulées? Que serait la quiétude de la nuit sans la course trépidante des gazelles du jour? Que serait la joie, le bonheur sans leur Némésis de peines?

J’apprécie la complexité de la vie car c’est par elle, par ses contrastes d’ombres et de lumières que je constate toute la beauté de l’unicité. Je souhaite donc aller au-delà des apparences, au-delà de la pelure lisse et brillante pour savourer le fruit, tout aussi amère et sec puisse-t-il être car c’est ainsi que je goûterai réellement toute sa splendeur…


Julie des Baobabs…

vendredi 28 mai 2010

Ode à la Génèse

Merci d’avoir créé le chocolat de ses yeux
Pour que je puisse de temps à autres y dévorer la magie de la vie
Merci d’avoir fondu le caramel de sa peau
Pour que je puisse m’imaginer la vague chaude de ses hanches déferlant sur la crème glacée de mes monts
Merci d’avoir creuser à ses joues de délicates coupes angéliques
Pour que je puisse par mes mots les remplir d’une crème de sourires
Merci d’avoir moulu de perfections le café noir de sa chevelure
Pour que je puisse me réchauffer de ses effluves énergisants
Merci surtout d’avoir concocté ce tendre cœur de nougat
Pour que je puisse célébrer l’amande douce de sa rencontre…

Chapitre 13- Le sevrage

Les deux premiers jours à tenter de me sevrer de toi m’ont rapidement confirmé que tu étais une drogue dure dont j’aurais tant aimé être l’héroïne. Depuis l’atterrissage de mes mots de rébellion sur la piste de ta trop sage empathie, je fustige et tremble devant l’irrésistible appel de cette plume prosaïque qui t’a savamment permis de me ficeler les ailes.

En guise d’antidote à ton fiévreux venin, je délaisse Alexandre Jardin et ses courbes littéraires qui, durant les derniers mois, ont maintes fois servi de substitut agréable à ta prose ingénieuse. Comme je reconnais déjà en moi l’intuitif canyon que provoquera l’absence de tes mots, je consens à me vautrer dans les univers étranges de Bernard Werber comme on tombe à cœurs joints dans une affriolante boîte de chocolats.

Or, se défaire de l’imaginaire de ta présence est un exercice pieux pour lequel tu ne te lasse pas d’être un blasphémateur. Maintes fois tu me mets ainsi à genoux devant l’inexorable réalité de t’appartenir malgré moi.
Pages après pages, tu te niche dans l’espace subtile des interlignes. Tu te pares d’ubiquité. Tu te suspends aux points des phrases comme le plus habile des funambules, revendiquant jusqu’aux moindres vertiges de nos cordes pourtant rompues.

Les convictions deviennent convergence. Les sons se canalisent en une même violence d’assourdissements éteints. Tu doubles de ton silence les moindres dialogues cinématographiques dont je fais lâchement usage pour ne plus entendre l’écho de tes réponses que j’ai pourtant moi-même lâchement rendues muettes.

De diversités en diversions, de perversités en perversions, j’ai accroché une mangeoire à la force immuable d’un érable. Par la fenêtre, je m’ironise des mésanges qui se nourrissent de ma main menteuse comme je m’esclaffe de mon propre asservissement.

La toile dans laquelle je nous aie figés ne m’apporte pas l’exode salvateur nécessaire à tout le déluge qui inonde le désert de ma noble intention. Nos ombres sur la neige me frigorifient, me cristallisent dans une saison que j’espère déjà brève.

Un autre jour passe annonçant de plus en plus clairement l’inéluctable de ma rechute. Je me déshydrate de toi…Mes lèvres se gercent telle une figue sous un soleil brûlant de mélancolie. Mes yeux brûlent d’un feu furieux. Ma peau se pèle à ne plus imaginer la soie de tes caresses…

Abdiquerai-je ? Tisserais-je mon orgueil jusqu’en t’en faire un tapis d’Orient sur lequel nous pourrions nous envoler vers de nouveaux cieux paradisiaques? Ai-je si peu de force que tu aimeras ma faiblesse comme le jour sert la nuit sur un plateau d’étoiles ?

Quarante-huit heures plus tard, je m’avoue vaincue. Je tourne lamentablement la page en dessinant dans un paysage vierge de tout ressentiment l’esquisse étrange de ma volontaire servitude….

samedi 22 mai 2010

Who's turn to play

« Who’s turn to play ? »
Lyrics by : Julie Vigneault

Who’s turn to play? 
I’m wondering
Who’s turn to play?
Let u begin
Who’s turn to play?
I’m still waiting
Who’s turn to play?

My pawns are knocking at your door
Moving forward to give you more
There is no plan, no strategy
Just some pleasure for you and me

Who’s turn to play?
I’m wondering
Who’s turn to play?
Let u begin
Who’s turn to play?
I’m still waiting
Who’s turn to play?

Doesn’t matter if I’m the fools
And even tough you fix the rules
I still agree to play the game
To win or loose is just the same

Who’s turn to play?
I’m wondering
Who’s turn to play?
Let u begin
Who’s turn to play?
I’m still waiting
Who’s turn to play?

I’m challenging the king in you
I’m opening my queen for you
In black and white just rock me tight
There is no wrong, there is no right
Just two checkmates in a joy fight

Who’s turn to play?
I’m wondering
Who’s turn to play?
Let u begin
Who’s turn to play?
I’m still waiting
Who’s turn to play?

Cheval de Fougue

« Cheval de fougue »
Paroles : Julie Vigneault

T’as peur d’être apprivoisé
Que je te vole ta liberté
Que je te passe la corde au cou
Que de l’enclos tu soi le fou

Ta juste à être, à galoper
Moi ce que je veux c’est t’observer
Avec recul, admiration
Avec respect et attention
Tu es sauvage, tu es fougueux
Et de cela je suis envieux
Comment vouloir te retenir
Quand c’est de toi que je m’inspire

Tu peux piaffer, tu peux hennir
Tu pourrais même me mentir
À jamais aussi t’en aller
Vers d’autres clairières, d’autres contrées

Tu appartiens à la nature
Tu es sauvage à l’âme pure
Je ne retiens pas ton destin
Je te laisse libre et clandestin

Tu es sauvage, tu es fougueux
Et de cela je suis envieux
Comment vouloir te retenir
Quand c’est de toi que je m’inspire

J’ai quelques pommes à te donner
Une couverture, un peu de blé
Mais libre à toi de t’arrêter
Pour quelques temps m’apprivoiser

Ma porte t’es à jamais ouverte
Mon âme toujours à la fête
Viens quand tu veux pour rejouer
Cheval fougueux en liberté

Peu Importe

« Peu Importe »
Paroles : Julie Vigneault

En cette nuit de courtepointe
Je tente de tout rapiécer
Les mots, les sens, les impressions
Le décousu de mes questions

Ce n’est au fond qu’une couverture
Cousue d’espoirs, de conjonctures
De brins de laine, de chance, de veine
De rythmes doux, de quarantaine

Peu importe si tu as peur
Peu importe si dans ton cœur
Tu veux courir tête baissée
Si t’as envies de t’échapper
Peu importe le feu, les braises
Peu importe les grandes thèses
Peu importe tant qu’au banquet
On se retrouve, on s’reconnaît

C’est une étoffe de flammes immenses
Qui nous protège de la méfiance
Qui d’étincelles nous attisent
Qui nous rends fous de convoitise

En cette nuit de courtepointe
Viens près de moi, sent mon étreinte
Viens pour un peu te réchauffer
Viens près de moi te rassurer.

Peu importe si tu as peur
Peu importe si dans ton cœur
Tu veux courir tête baissée
Si t’as envie de t’échapper
Peu importe le feu, les braises
Peu importe les grandes thèses
Peu importe tant qu’au banquet
On se retrouve, on s’reconnaît